En pleine effervescence des Jeux Olympiques, on célèbre le culte du sport. Entre focalisation sur la performance et mise en avant des valeurs, il est de ces faits qui me poussent à pousser un coup de gueule.

Le sport est l’un des meilleurs vecteurs d’image qui soit. On met en avant des performances, des tactiques, on montre le savoir faire dans telle ou telle discipline, on prône l’aspect fédérateur indéniable de l’événement. On se prend à rêver que le sport puisse éduquer, instruire, qu’il puisse contribuer directement à l’évolution de la connaissance de la discipline en particulier, de l’être humain d’un point de vue plus général.

Je prends simplement l’exemple de ce qui s’est passé dans la délégation française du tennis.

Benoit Paire exclu de l’équipe de France pour manquement aux règles établies.

Un fait divers ? Pas seulement. Si on prend un peu de hauteur pour analyser cette affaire, on se rend compte que ce n’est pas seulement Benoit Paire en tant qu’individu qui est impacté, jetant l’opprobre sur la délégation du tennis, et par extension sur l’équipe de France. C’est aussi le ressenti des jeunes, s’identifiant à leurs « héros » qui est mis à mal. Quelles sont les valeurs qui ressortent ? Quelle image est véhiculée aux praticiens, au public, aux autres équipes et délégations? Est ce là l’exemple voulu par le sport? Certes non.

On a à faire face ici à un symptôme bien connu dans le monde occidental, celui de la considération purement individuelle face à la répercussion collective (certaines études interculturelles le démontrent aisément – cf. Geert Hofstede). Quand on pense qu’un athlète, s’entrainant durement pour arriver à un but, hypothèque ainsi non seulement sa carrière (ceci est d’ailleurs son problème), mais également la crédibilité d’un staff, l’adhésion d’un groupe, on peut se poser des questions concernant les valeurs résiduelles.

On peut se poser des questions par rapport également aux détections du ressenti de la personne. Le sus nommé n’a pas fait mystère de son attrait plus porté sur les points ATP que sur la participation à l’événement olympique, et donc à la défense du drapeau de son pays. Soit, ça le regarde, et chacun aura sa réflexion relative à ce sujet. Mais là où cela pose problème, c’est quand ce genre de personne est sélectionné pour faire partie de l’équipe nationale. Avouez que de construire un mur quand certaines briques sont faite de flan, n’est pas forcément gage de solidité…

Les frasques de certains sportifs sont bien connues et, comme toujours cela devient la minorité visible, celle dont on parle, celle qui fait débat.

Que restera-t-il de ces individus ? Rarement leur contribution à leur discipline, rarement l’état d’esprit qu’ils ont véhiculé, rarement leur personne. Il n’en restera souvent pas grand chose parce que justement, ce qui se passait autour d’eux, pour eux, alors qu’ils étaient un peu en lumière, n’était pas grand chose à leurs yeux s’ils ne pouvaient en tirer quelque attention.

Vous allez me dire : « qu’est ce que le sport à affaire dans le domaine de l’intelligence économique ? Dans la gestion de l’information ? ». C’est précisément parce que tout ce qui entoure le sport contribue à la réputation, à la capitalisation de la connaissance, que j’en parle. Ces éléments symptomatiques du sport sont totalement transposables dans l’entreprise.

Celui qui récolte les lauriers, n’est pas systématiquement l’acteur direct de la réussite. Pire, l’acteur direct de la réussite ne bénéficie bien souvent d’aucune reconnaissance, si minime soit-elle, parfois on ne sait même pas qui il est. Celui qui récolte les lauriers, c’est celui qui représente. De même, celui qui parle de son entreprise en des termes négatifs, n’est pas forcément le plus concerné par les problématiques qui l’entoure. Non, mais c‘est lui qu’on écoute, qu’on valorise parfois.

Sport et partage

Il y a heureusement des sportifs qui connaissent les vertus du sport, de leur sport. Des sportifs qui disposent à la fois du savoir-faire et du savoir-être. Des sportifs humbles et reconnaissants, pas seulement envers leur encadrants, mais également envers leurs supporters, plus ou moins présents, sans lesquels ils resteraient bien anonymes.

…D’ailleurs, qu’en serait-il si on remplaçait le terme « sportif » par dirigeant ou mieux, manager?